Zarfin, peintre de l’école de Paris (1899-1975)

Schraga Faibich Zarfin (Царфин) (1899-1975), dit Sam dans certaines publications, est né à Smilovitchi, près de Minsk. Il reçoit sa première formation à l’école des beaux-arts de Vilnius (comme Soutine, Kikoïne, Krémègne), puis émigre en Palestine en 1914.

À Jérusalem, il fréquente l’école des beaux-arts Beçal’el. En 1923, il part pour Berlin, où il subit l’influence de Max Liebermann et des expressionnistes allemands, puis en 1924 se fixe à Paris, où il retrouve Soutine, son ami d’enfance (voir à ce sujet son témoignage dans l’ouvrage préfacé par Waldemar George, Soutine, Paris, 1959, « Art et Style » 52). Il expose fréquemment au Salon des Indépendants de 1925 à 1940, mais travaille parallèlement comme artiste-décorateur (il produit notamment des dessins pour tissu). Il acquiert la nationalité française en 1931. En 1941, il se réfugie à Lyon puis à Grenoble, où il expose, avec l’appui du conservateur du musée, André Farcy, ainsi qu’à Lyon. Cependant les œuvres laissées dans son appartement parisien ont disparu. En 1947, il s’installe à Rosny-sous-Bois.

Dans les années 1950, sa manière évolue beaucoup et il développe sa technique de la gouache, associée à l’huile. Le Musée national d’art moderne lui achète une toile en 1955 (Paysage, 50 × 64, nº 24 360 ; inventaire du musée nº AM 3353 P). En 1958, il expose au Jewish Museum de New York, en 1964 à l’Ashmolean Museum d’Oxford, en 1966 au château de Laversine, près de Creil, mais dans l’ensemble il se manifeste peu. Plusieurs collectionneurs s’intéressent à son œuvre.

En 1963, un ouvrage collectif lui est consacré aux éditions Pierre Cailler, Genève (Ernest Fraenckel, Étienne Souriau, Jean Cassou, Waldemar-George, Henri Hertz). Au cours des années 1960, il séjourne assez fréquemment en Bretagne et dans les environs de Montpellier. Il produit jusqu’à sa mort, en 1975. Plusieurs expositions retrospectives lui sont consacrées, notamment à Montreuil-sous-Bois (1975), Montpellier (1980 et 1984) et Lunel (1981).

Depuis 1995, la galerie Les Oréades (Paris, Toulouse, Luchon) présente régulièrement des tableaux de Zarfin dans diverses manifestations. Plus récemment, Nadine Nieszawer, expert de l’École de Paris, travaille également à mieux faire connaître son œuvre.

Zarfin, sous la direction d’Ernest Fraenkel, préface d’Étienne Souriau, Genève, Pierre Cailler, 1962.

Nadine Nieszawer, avec la coll. de Marie Boyé et Paul Fogel, Peintres juifs à Paris, 1905-1939. École de Paris, préface de Claude Lanzmann, Paris, Denoël, 2000.